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Cher ticket pour l’entrée d’Ali Bongo à Davos

Le président Ali Bongo sera, fin-janvier 2013, au Forum économique mondial de Davos en Suisse. Le New York Times a décliné la tarification des différents tickets d’entrée à cette manifestation, résolument onéreuse, pour un pays qui «ne parvient pas encore à satisfaire les besoins de base de sa population», selon l’expression d’Echos du Nord qui a donné la piste du quotidien américain.
Préparation du Sommet de Davos en Suisse © D.R.

Selon son agenda officiel, le chef de l’État gabonais, Ali Bongo, sera, du 23 au 27 janvier 2013, au World Economic Forum (Forum économique mondial, pour les francophones). L’évènement réunit chaque année à Davos, dans la célèbre station de sport d’hiver des Alpes suisses, les milieux dirigeant de la scène économique, politique et intellectuelle ainsi que des personnalités d’entreprises internationales soucieuses d’améliorer les conditions de vie dans le monde. On y traite des problèmes les plus urgents de la planète, y compris dans les domaines de la santé et de l’environnement. Mais surtout, on y traite du libéralisme, des bonnes et mauvaises fortunes et de la marche du monde. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, et le président de la Banque mondiale, Jom Yong Kim, plusieurs ministres de la Santé, ainsi que plus de 25 patrons de l’industrie de la santé assisteront également à ce forum, dont le thème sera «Un dynamisme résilient».

Mais, pour l’écrivain libano-américain Nassim Nicholas Taleb, épistémologue et praticien en mathématiques financières, la semaine qu’on passe à Davos sert surtout au réseautage. Pour lui le but du jeu, lors de cet évènement, est de «chasser les gens qui réussissent, qui veulent être vus avec d’autres gens qui ont réussi». De ce fait, pour l’hebdomadaire gabonais Echos du Nord, «le coût et le financement de cette mission» devraient «amener le chef de l’Etat à décliner cette invitation».

Dans un article signé Andrew Ross Sorkin, paru le 24 janvier 2011 dans le New York Times, piste indiquée par Echos du Nord, on note : «Juste pour avoir l’occasion d’être invité à Davos, vous devez devenir membre du Forum économique mondial» et pour ce faire il y a plusieurs niveaux d’adhésion : pour «le niveau de base», il faut compter $ 71 000 (environ 35,7 millions de francs CFA – ndlr) pour l’invitation et le billet d’entrée. Et encore, à ce niveau, on n’accède qu’aux conférences générales, «avec les masses de Davos». Il y a ensuite le niveau «associé Industrie» qui coûte «$ 137 000, plus le prix du billet, portant le total à environ $ 156 000» (environ 78,4 millions de francs CFA – ndlr).

On n’imagine cependant pas le président gabonais se rendre à Davos pour s’en tenir à l’entrée de gamme. Naturellement, du fait de son statut, il doit se classer dans la catégorie «partenaire stratégique». Ici le prix à payer est de «$ 527,000. C’est juste la cotisation annuelle qui vous donne droit à un maximum de cinq invitations. Chaque invitation coût encore 19 000 $ chacun, si cinq personnes viennent, c’est 95 000 $, ce qui rend le total de $ 622 000», écrit Andrew Ross Sorkin. Donc, si son président sera accompagné de cinq personnes, le Gabon devra dépenser $ 622 000 (environ 312,86 millions de francs CFA – ndlr). Ce qui donne «accès à des séances privées ainsi qu’à des salles de conférence pour tenir des réunions spéciales. Et peut-être le plus grand avantage de tous, votre voiture et un chauffeur sont donnés avec un autocollant», note le New York Times. On peut également faire comme les grands investisseurs qui louent «un chalet de cinq chambres (…) juste à l’extérieur de Davos pour eux-mêmes et leur personnel. Le coût? 140 000 $ (environ 72,4 millions de francs CFA – ndlr) pour la semaine». La location d’une Mercedes S Class coûte environ $ 10 000 par semaine, indique également le New York Times.

S’interrogeant sur celui qui devra payer la note pour le Gabon, l’hebdomadaire Echos du Nord cite des sources du Trésor public gabonais qui soutiennent que ce sont «les amis du président qui l’ont invité qui prennent tout en charge». Dans le cas contraire, le président Ali Bongo dispose toutefois de quelques atouts qui peuvent lui permettre quelques abattements. Entre autres, Richard Attias, organisateur au Gabon du New York Forum Africa. Celui-ci a fait ses armes avec le Forum économique mondial de Davos dont il fut le producteur et où il doit avoir encore ses entrées. Celui-ci a d’ailleurs réveillonné à Libreville pour la Saint-Sylvestre 2012, avec son épouse, Cécilia Attias. Mais, tout cela reste du domaine de la supposition. En définitive, comme le souligne Echos du Nord, «le pouvoir se doit d’éclairer l’opinion sur ce sujet, au nom de la bonne gouvernance».

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